LE GROGSTORE

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LES AVENTURES DU GROG : Revenu du monde, Rover arrête le temps

GROG | 2 mars 2012

On l’aura pressé jusqu’au bout, le citron, et nous y voilà, le grand entretien avec Rover. Pas revu depuis cette fameuse soirée (cf. hier), mille questions brûlent les lèvres du blogueur à la biche. Inchangé, Timothée Regnier se présente affable et délicieux, devenu maître ès loquacité à force de s’adonner au jeu de la promo, à quelques jours du grand emballement. Préparant un concert privé au Silencio le soir-même, ahurissante boite sous la coupe de David Lynch, le voilà prêt à draguer le tourneur, tout en se donnant l’occasion de tester la nouvelle mouture de son groupe, avec l’apport de son producteur Samy Osta en sideman de luxe. A l’heure où nous avons capté ces mots, une semaine de la sortie de son premier disque, Grog a décidé de ne pas faire de jeux mots foireux (« Rover roule des mécaniques », ce genre de choses, on était à deux doigts), de ressasser ces mésaventures passées, détaillées dans le communiqué de presse et autres obséquieux outils marketing, de parler des Strokes, de New York, du Liban. Ce sera autres choses. Méditatif en diable, le géant cosmopolite ouvre les vannes de ses pensées pour le GROGSTORE, tel un vieux grigou surplombant la mêlée, à la fois actif de sa propre vie et spectateur des choses. Tout est dans le regard, le dessin du visage, cette saveur hors du temps, ayant absorbé mille époques, mille coutumes et religions, et vu mille paysages, traversé mille contrées. Insaisissable homme du monde, Timothée Regnier serait-il le nouvel Orientaliste ? On lance l’enregistrement et le temps s’arrête.


GROG : Un jour, on m’a parlé de toi. Pendant les balances d’un concert dans un rade de Paris, il y a 2-3 ans, à la réponse d’un technicien, ou je sais plus qui, qui te demandait un truc, tu as rétorqué « attends, je suis en train d’entrer dans le personnage », le plus sérieusement du monde.

 

Timothée Regnier : Ah bon ? C’est effrayant…

 

A partir de cette anecdote, je me suis posé la question : où s’arrête Timothée Regnier et à partir de quand commence Rover ?

 

C’est une question ?

 

C’est une question.

 

Je l’ignore complètement. Je sais pas. Je sais pas parce que j’ai une tendance à travailler chez moi les chansons de Rover… Pour revenir là-dessus, je crois pas avoir un personnage. Je crois que les deux sont vraiment jumeaux et siamois. Y a pas de… Sur scène, je mets souvent les mêmes fringues par exemple, pour rester terre à terre, que dans la vie de tous les jours, et je travaille en permanence, tant mon regard que la sensibilité aux choses de la société qui m’inspirent ou les rencontres, sans arrêt. Donc, en fin de compte, Rover est toujours sous le même blouson. Après, il s’arrête peut-être une fois que je prends une bonne douche le soir.

 

Ce sont donc tes vrais cheveux…

 

Ce sont mes vrais cheveux, voilà. Ils vont être à vendre aux enchères bientôt (rires) C’est marrant cette phrase.

 

Ca m’a surpris aussi, mais ça n’était pas du tout rapporté de manière prétentieuse pour toi. Mais apparemment le concert était mortel, même dans un petit café. Et donc, inversement, est-ce que Rover n’est-il qu’une part de Timothée Regnier ? Es-tu morcelé ?


Encore une fois, je l’ignore. Rover, c’est enfin le projet musical où je me sens le plus intègre et à 100% moi-même, et honnête. J’ai eu d’autres groupes avant, où j’étais sideman et pas frontman. Le fait de devoir tout interpréter seul sur un disque, comme ça a été le cas, de monter sur scène, d’avoir une communication sur mon visage, d’avoir le nom de Timothée Regnier associé à Rover m’oblige à être le plus honnête possible. Un, pour que le projet vieillisse bien aussi, parce que je trouve l’honnêteté fait bien vieillir les œuvres, que ça soit en peinture ou en musique. C’est souvent ce qui me plait dans les disques que j’écoute. Après, y a peut-être des choses qui m’échappent.

 

Y a toujours une part de fourberie quand on est artiste.

 

Bien sûr, d’ego et puis on sait ce qu’on donne aux gens, ce qu’on représente.

 

Et les gens ne savent pas comment sont faites les choses.

 

Et les gens ne savent pas, et tant mieux parce que s’est ce qui fait rêver, et je crois que l’art est fait pour un peu arrêter le temps. C’est ce qui me plait tant sur scène qu’en… Moi, égoïstement et personnellement, quand j’écris une chanson, c’est essayer de saisir le temps et d’avoir un peu d’emprise dessus comme l’aurait l’enfant de huit ans qui joue avec ses petites voitures, qui relève la tête et qui se rend compte qu’il fait nuit. J’aime ces moments un peu en suspens, qu’on perd avec l’âge adulte et que la musique permet de retrouver. C’est un espèce de relâchement, et puis on est intégralement dans son corps et en phase avec soi-même. Donc, je crois vraiment que Timothée Regnier est en phase avec Rover et réciproquement. Je sais pas. J’espère être le plus longtemps possible    , et toute ma vie Rover et faire le même métier dans quarante ans sous le nom de Rover et de continuer à chanter les mêmes chansons de ce premier album. Pour l’instant, je m’en lasse pas du tout et je m’y retrouve. Les deux se nourrissent et s’aident. Donc, c’est pas mal.

 

Sur le disque, justement, tu joues de tous les instruments. Ca, tout le monde l’a remarqué, c’est même écrit. Mais à cette époque d’où est venu cette anecdote, tu tournais déjà en trio, c’était un peu avant ou au moment où tu venais de signer un deal avec une maison de disque. Qu’est-ce qui t’a poussé à te recentrer sur toi-même, tout seul, pour la phase d’enregistrement ? Alors, est-ce que, trivialement, c’était une question d’économie ? Pour un premier album, ça coûterait moins cher d’avoir un mec ou deux qui font tout. Ou est-ce que c’était aussi la volonté d’être toi-même la seule incarnation de Rover ?

 

Alors, c’était pas économique. Je sais qu’il y avait un budget prévu pour les musiciens si je n’y arrivais pas ou si je peinais à faire quelques choses. C’était, à mon avis, pour essayer de retrouver ce que j’avais réussi à capter sur les démos. Celles qui ont séduit les maisons de disques, les gens, les programmateurs et qui avaient été faites tout seul dans cette maison en Bretagne, tout un hiver, où j’avais installé tous les instruments dans une pièce que je chauffais…

 

Ça chauffe tout seul

 

(rires) Les amplis à lampe, tout ça. Et on a essayé, avec Samy Osta qui a réalisé l’album donc, de recréer cette ambiance de home studio et de confort absolu, où on se laisse le plus de liberté possible. C’était dans le cahier des charges que je sois le seul intervenant sur ce disque afin de le rendre le plus personnel possible et le plus honnête. Et puis après, s’il y a quelqu’un à engueuler, je suis le seul à engueuler. Donc s’il y a quelque chose qui ne me plait pas, faut que je l’assume parce que je ne peux pas faire mieux. Ou alors, il faut que je travaille. Ça m’est arrivé. Je travaille une nuit et voilà. Et puis après, le fait de l’avoir fait dans un vieux studio analogique, y avait cette magie à la prise qui opère parce qu’on sait qu’on n’a pas douze mille chances, on peut pas éditer à l’infini.

 

Finalement, c’est paradoxale cette volonté d’être libre avec l’analogique. T’as moins le droit de te planter.

 

Exactement ! Mais dans les instruments, je mets beaucoup de contraintes, dans le choix des guitares, toujours des guitares assez dures à jouer, qui sonnent pas toujours forcément comment on voudrait. Et devoir dompter un instrument, ou une batterie, parce qu’on n’est pas un grand technicien de la batterie, de se surpasser vocalement. C’est ça qui me plaît dans cette marge de manœuvre et cette liberté que je m’accorde. L’analogique a permis justement de capter l’instant et d’être dans l’instant T, et de photographier ce qu’était Rover au moment de l’enregistrement. Et tout est différent : le son est différent, les fantômes apparaissent parce que les instruments se mélangent bien. Y a des accidents heureux ou malheureux mais qu’on accentue si ils sont… je sais pas, aux services de la chanson. Et puis, au moment de faire une prise de voix ou d’une batterie, on entend déjà la bande qui nous parle, le souffle analogique qui dit « j’t’attends »…

 

Un côté fétichiste donc…

 

Complètement. J’adore ça. Le côté, un peu… Oui, fétichiste, c’est ça, et spirituel, voilà, de la façon d’aborder la musique qui la rend un peu plus noble, plus artistique et moins artisanale. Même si je pense que ça reste artisanal, et je respecte l’artisanat. Les deux, justement, sont très proches, je trouve. Entre un boulanger et un musicien, y a pas une grande différence. Il y a une noblesse à nourrir les gens, en plus, au sens propre. Alors que nous, on nourrit différemment avec l’art. Tout ça est très lié. J’aime le côté où on perd prise, où on sait pas vraiment pourquoi la prise est bonne, même si elle est moins bien jouée, et les accidents heureux… On a essayé sur le disque de, au maximum, de faire des one-take de chaque instrument, parce que je jouais tout, tout seul, l’un après l’autre, et en gardant les moments de faiblesse d’un instrument, qui est compensé par les moments de force d’un autre. Et cette espèce de sinusoïde d’intentions entre chaque instrument permettait de donner un aspect live comme un groupe qui joue ensemble. Si le bassiste a un p’tit coup de mou, c’est le batteur qui reprend le truc… Je voulais pas que ça sonne parfait en fin de compte, ni frigide.

 

Ca me permet de rebondir sur cette manière de concevoir un disque, de tout faire soi-même. Ca a déjà été vu chez, en citant des lieux communs, McCartney, ce genre de choses. Des mecs comme Pete Townsend, même s’il a écrit tout Tommy lui-même, à la partition de basse et de batterie près, il a toujours tiré parti d’autres personnalités de musicien pour que le truc prenne une autre ampleur. Donc, voilà, sans te comparer à eux, qu’est-ce qui justifie le fait que, moi, je ne me dise pas que ce ne sont pas des démos ce que j’entends de ton disque ? Que ça ne soit pas juste un copié-collé avec un peu de chantilly dessus ?

 

Je crois que ce n’est pas une musique technique, de techniciens, pour rebondir sur l’exemple de Pete et de…

 

Tu le connais bien ?

 

(rires) Pete, c’est un ami. Faut que je le rappelle d’ailleurs. Y avait pas une demande de ma part au moment d’écrire les chansons, les textes et de les interpréter, une volonté d’être en démonstration technique. Je suis pas un technicien de la musique du tout. Je le suis dans certains autres domaines comme le travail de l’harmonie peut-être… Et encore une fois, c’est pas de la technique, c’est un ressenti que je laisse exprimer. Je ne sais pas lire des portées, je suis vraiment un autodidacte depuis tout petit, et ça a pris du temps de comprendre comment fonctionne une guitare, une basse, le rôle d’une basse dans une chanson, l’approche latérale d’une batterie qui vient supporter, l’accouplement avec un basse, justement. Plein de choses qui ont mis du temps… Et peut-être que le deuxième album nécessitera de plus grands techniciens, une volonté d’aller, pas forcément au détriment de l’émotion, dans une technique ou servir le morceau, être plus précis dans certaines choses. Pour ces chansons-là, à ce moment-là de ma vie, j’avais vraiment… Je préfère un kick-snare, par exemple, au sein d’une batterie, très simple, où il y a mille fois plus d’émotions dans la snare que six tonnes de roulement ou de prouesses techniques qui diront moins de choses. Je crois qu’on peut dans une note, et un mot pour parler seulement d’écriture, dire mille choses… Peut-être pas mille, mais ouvrir six portes qui parleront différemment à ma mère ou à ma voisine ou à moi… La langue anglaise le permet aussi. Et c’est pareil dans un instrument, je pense qu’une batterie ressentie, un peu derrière le temps et appuyée peut… Un coup de caisse claire peut donner plus d’informations qu’une prouesse technique. Je crois que la technique est, malheureusement, quelque chose qui s’apprend et qui est sans fin. Y aura toujours de meilleurs techniciens, alors que l’émotion, on peut pas mettre vraiment de mots dessus et je crois qu’il n’y a pas de concurrence. Chacun a la sienne et c’est ça qui est magique. On est dans une sphère et un domaine qui est impalpable, comme l’est la musique, pas matérielle.

 

Est-ce que tu retrouves ça chez tes musiciens à présent ?

 

Ca prend du temps. Ca prend beaucoup de soirées à discuter, à expliquer. Et eux, c’est pas du tout pour être démago, ils sont fantastiques puisqu’ils ont compris le projet. Après, ça met du temps aussi pour rentrer dans le personnage Rover pour eux, et dans le projet Rover. Et je leur dis. J’le dis au guitariste : « ne joue pas de guitare », « fais des chœurs de femmes avec ta guitare » ou des cris d’ange…

 

« Joue bleu »

 

(rires) « Bluuue nooote »… C’est un peu ça. C’est-à-dire que je crois qu’il y a rien qui m’ennuie plus qu’une musique purement technique…

 

Moi, je ne parlais pas de technique…

 

Ouais, je sais, mais j’ai dérivé.

 

Je parlais plutôt de personnalités qui arrivaient à se fondre dans un univers, une chanson pour en décupler les qualités…

 

Ca se passe super bien, mais c’est long à mettre en place. Il faut des concerts, des répèt’,  des soirées ensembles, des voyages en bus… Faut tout ça pour, même au détour d’une blague, lâcher une information et qu’ils comprennent pourquoi cette chanson est jouée comme ça…

 

T’es un grand psychologue.

 

(Malicieux) Oh bah ça, c’est une thérapie, la musique.

 

Tu as dit un mot qui m’a marqué : c’est le « temps ». Ça m’a déjà frappé quand je t’ai écouté à la radio, l’aut’ jour sur le Mouv’, en parlant d’un sujet un peu anecdotique comme ça mais qui revient sur ce que tu viens de me dire, sur l’évolution du projet scénique. Alors, tu disais, que prendre le trio te servait à désosser tous les arrangements qu’on peut entendre sur le disque, à toucher le nerf du songwriting et réapprendre les chansons, puis tu annonçais déjà l’arrivée d’un quatrième membre. Et même avant de t’entendre dire ça, implicitement, à l’écoute de certaines de tes chansons, il y a vraiment une sensation de prendre son temps (« Champagne », « Silver » ou « Late Night Love » par exemple). Ça s’installe, c’est très écrit. Comme une sorte de sérénité maniaque dans la manière d’aborder ta création. Donc, lorsqu’on t’écoute, et qu’on regarde ton parcours, on a le sentiment que tu es quelqu’un qui aime prendre son temps, que tu travailles par étapes, attendant que chacune ait été méticuleusement remplie, que la case a été faite, pour passer à la suivante. Est-ce que je me trompe ou alors est-ce que tu cherches à prendre la place de Laurent Voulzy avec cette manière de prendre le temps ?

 

(rires) Non, non, non, j’aime l’urgence au moment où les choses sont… Où le temps a été pris pour mettre en place dans sa tête. Au moment de l’action, faut que ça aille vite par contre. Je vais mettre une nuit à essayer de faire un bon clavier. Je veux qu’il y ait l’énergie, souvent des premières prises d’ailleurs, sur l’album. J’adore cette espèce de grâce qu’on a sur une première prise de voix. Et les défauts chez les gens me plaisent, ça fait un effet pied de biche sur leurs qualités. En musique, tout a un sens, si on cherche. En même temps, ça n’en a pas vraiment, la musique n’a pas vraiment de sens non plus… Mais bon, après c’est un autre… Mais bon, pour répondre à ta question, qui était d’ailleurs… Que je prends mon temps. Oui, j’ai un rapport au temps qui est assez particulier. Je trouve malheureusement que le temps et l’argent sont deux choses qui pourrissent la vie, l’amitié, l’amour…

 

Oh oui.

 

… Et surtout en ville. Ca peut tout casser. Ca peut tout casser, le manque de temps, le manque d’argent. C’est le diable qui peut pénétrer nos vies, comme ça, au travers de ces deux biais-là, ces deux médias.

 

Y faut manger.

 

Y faut manger. Y faut être à l’heure, y faut avoir une montre. Moi, j’ai pas de montre, mais voilà. Ce que permet la musique, c’est, justement, de proposer aux gens, même sur scène, ou me proposer d’abord égoïstement dans l’écriture ou l’enregistrement d’un titre en studio, d’arrêter ce temps-là. D’avoir une emprise dessus, sur le temps, et de le mettre un peu en suspens et de lui mettre une petite gifle en lui disant : « laisse-moi tranquille une heure ou deux, et fais en sorte que ça me paraisse une semaine ou deux ».

 

A chaque moment, chaque étape importante, t’as réussi à laisser le temps se passer, puis à un moment donné, ben c’était le bon moment…

 

Certainement, mais même au sein d’une vie. Rover, à mon avis, n’aurait pas pu exister il y a cinq ans. Il y avait des choses qui me manquaient, des expériences, une approche du milieu de la musique, comment gérer un groupe, comment… Tout ça me manquait. Et il faut être patient. La musique, c’est comme la peinture, faut être patient. Et les choses sont offertes… à celui qui sait attendre, j’ai envie de dire. Mais c’est un truc assez vrai. Après, c’est relatif. Certains trouveront peut-être qu’il aurait fallu attendre encore un peu pour faire ce disque, mais moi, je crois pas.

 

A la vue de ton parcours de globe-trotter, je me demande s’il n’y a pas un rapport avec cette expérience du voyage. J’ai remarqué cela chez les gens qui ont cette volonté, cette envie, ce besoin de partir, de faire du stop et aller vers l’inconnu, se balader. Et ça se ressent dans leur retour à la vie « professionnelle », « réelle » : ils aiment prendre leur temps. C’est là où je me suis demandé s’il n’y avait pas une corrélation entre cette habitude de voyager, d’être tout seul peut-être…

 

Ouais, je crois être très solitaire, donc c’est quelque chose que je cherche au quotidien, les moments de solitude et pas être obligé de côtoyer les gens. Être obligé, c’est quelque chose qui m’a traumatisé à l’école, et dans les voyages. Je déteste voyager pour une raison : il faut être à l’heure pour l’avion ou pour le train. Je suis un grand amateur du voyage en voiture ou à moto, qui me permet de partir quand je veux, avec ce que je veux. Si je veux prendre six guitares, ça rentre, ou ça rentrera, je les attache sur le toit. Ça, ce sont les voyages qui me plaisent, les voyages où on n’a pas de ticket de retour. C’est super aussi. C’est-à-dire que pour le coup, on met pas de barrières, on se laisse libre. Après, faut se le permettre, les voyages ne sont jamais faciles non plus. Mes voyages n’ont pas toujours été confortables. Je pense que celui qui arrive à faire des voyages qui sont utiles et qui arrive à s’en nourrir, à faire des rencontres et des choses comme ça, revient toujours beaucoup plus riche… Même s’il a tout perdu en argent (rires) Mais oui, les voyages déforment la jeunesse, ça, c’est une certitude.

 

Et est-ce que, justement, cette expérience du voyage n’a pas aussi induit cette approche très terre à terre du songwriting ?

 

Terre à terre dans quel sens ?

 

Le côté classique, très ornementé, c’est quelque chose de carré, d’écrit, fignolé, à l’inverse d’un type d’écriture de type « groupe », et l’ébullition qui peut en ressortir. Le côté classique dans le bon sens du terme, le côté artisanal justement. Y a-t-il une relation ?

 

Certainement. Alors ça, c’est indéniable, à mon avis, mes voyages influent sur ma façon d’écrire, d’aborder la musique, de s’installer au moment d’écrire la chanson, quels objets on choisit autour de soi, qu’est-ce qu’on va manger à midi. Ca, c’est inconscient. C’est inconscient sur le physique, sur la façon de parler, la façon de chanter, le choix des guitares… C’est à la fois très mystérieux, mais y a pas de mystères. Tout s’écrit au quotidien et on choisit pas vraiment en fin de compte ce qu’on va écrire et les choix harmoniques, tout ça… C’est un peu dicté, entre guillemets. Oui, il y a un côté terre à terre, certainement. Je ne veux pas, jamais, intellectualiser ma musique et laisser… ni même trop y réfléchir. Laisser le plus d’aspect brut, brut de décoffrage… C’est pour ça que j’ai jamais appris la musique, à lire la musique ni les portées, ou le travail de l’harmonie, le contrepoint. Je me fais une formation un peu égoïste…

 

As-tu une formation blues justement ?

 

Pas du tout, pas du tout. C’est vraiment une formation dans sa chambre à répéter, à essayer… Et en écoutant une vingtaine de vinyles qui m’ont bercé toute mon enfance, parce que mes parents ont consommé beaucoup de musiques, et qui m’accompagnent encore, et qui sont des disques sans fond, sans fin, qui n’arrêtent pas encore de m’inspirer aujourd’hui…

 

Oui, ce sont ceux que tu cites fréquemment, l’Album Blanc, les tables de loi, quoi… C’est de la pop et faites pas chier quoi.

 

Oui, c’est de la pop. Et ce qui me plait dans les Beatles, c’est quelque chose qui est insaisissable. Même quand on lit les biographies ou qu’on regarde les photos des Beatles, même sans la musique, c’est magique. Y a quelque chose de magique dans les traits de leurs visages, dans leur relation entre eux. Y en a pas eu 12 000 des groupes comme ça. Y en a pas eu 12 000 des compositeurs comme ça. Même si c’est de la pop, on peut dire art mineur, art majeur, peu importe. Pour moi, dans le palmarès, y a très peu de gens qui arrivent à toucher une grâce comme ça dans l’écriture, dans le… Et puis, c’étaient quatre individus assez exceptionnels qui arrivaient ensembles à créer la boule magique de la création et de l’arrangement, et de l’énergie avec une facilité qui est arrogante. Lennon pouvait écrire un titre en une heure, McCartney en six… Enfin, je sais pas, chacun avait des qualités qui se complétaient. C’est la magie, c’est-à-dire que c’est un peu la création du big bang, d’un point de vue de la pop music. Avant, y en a eu plein d’autres. Y a la grâce de Bach qui est littéralement la main de Dieu qui écrit. Pour moi, c’est inexplicable, inatteignable, intouchable et toujours un mystère en terme de comment rendre la complexité évidente et simple. Alors ça, c’est quelque chose qui peut… On peut passer une vie à essayer de comprendre. La grâce en musique, la magie et les fantômes dont on parlait tout à l’heure, c’est absolument ce qui me plait en art en général. C’est un peu pour ça que je ne consomme pas de cinéma. Je préfère voir une toile pendant cinq heures, de Van Gogh, même en reproduction sur un Iphone, je sais pas. Je trouve qu’il se passe mille fois plus de choses. Le cinéma ne permet pas ce moment de créativité, et on nous impose le son et l’image, et la vision d’un artiste prémâchée en fin de compte. Pas tout le cinéma bien sûr… Mais de plus en plus, à notre époque. Je trouve que c’est un cinéma qui est de plus en plus publicitaire, malheureusement. Et la pub, c’est l’antithèse de l’art en fin de compte, et de l’émotion et de la sincérité.

 

Ça t’a pas fait chier que le mec de Culture Pub soit mort.

 

(rires) Culture Pub ne me manque pas plus que ça. J’ai dû voir une seule émission… Nan, nan, ça m’emmerde pas trop.

 

C’est étonnant ce que tu racontes sur le cinéma, parce que « Last Night Love » a été la bande-son d’un court-métrage.

 

Oui, oui… J’ai un rapport au cinéma… (réfléchit) J’ai joué dans des films, j’ai été comédien, mais par le côté. C’est-à-dire que je suis pas, je suis pas acteur du 7ème Art, mais je suis acteur dans le 7ème Art. Ca a toujours été une approche très ludique, très divertissante, c’est un autre milieu, un autre humour, y a quelque chose de nouveau, une approche du travail en amont qui est différente. Et puis, ça reste du jeu, comme jouer de la musique. Là, ça se rejoint. Après, me voir dans les films, bof. Après, voir des films… Et puis, moi, je suis quelqu’un de bizarre. C’est-à-dire que, dès lors qu’on me conseille un bouquin, il y a 900 chances sur 10 que je le lise pas. J’aime bien découvrir les choses, tomber au hasard dans une brocante sur quelque chose qui me frappe parce que la couverture est belle ou parce que j’ai l’impression qu’il n’a pas été ouvert depuis cinquante ans. Voilà, ces espèces d’heureux hasards ou de malheureux hasards me plaisent beaucoup plus que les choses calculées ou conseillées. C’est une forme de protection à la limite, d’hyper sensibilité peut-être…

 

Un p’tit côté anar’…

 

Mouais (rires) Ouuuaaaiiis !

 

Revenons à des questions beaucoup plus triviales. Est-ce que c’est pas risqué, justement, cette attitude bonhomme et mollo paulo aujourd’hui quand on connaît l’état de l’industrie du disque (tout un poème) ? Où il faut faire marcher très fort, très vite un nouveau machin, et, attention, faut pas que tu te plantes. Si ça marche sur un malentendu, c’est bien, mais le deuxième ou le troisième, dans quatre ans, parce que sinon avant, c’est pas possible… Surtout que tu chantes en anglais, t’es fou.

 

Et justement ! Alors, encore une fois, c’est pas pour faire ma langue de bois, j’ai un label qui est vraiment fantastique de ce côté là, qui m’a fait entièrement confiance dans l’enregistrement. Ils étaient peut-être pas sûrs que ça réussisse le fait de jouer de tous les instruments…

 

Aaah, mais, attention, il est pas encore sorti, l’album.

 

Il est pas encore sorti, l’album. Mais au moins ils l’écoutent de temps en temps, c’est qu’ils l’aiment. Ouais, ils me laissent une grande liberté, ils me font confiances. Y a aussi une direction qu’on veut prendre. Je crois qu’ils ont vraiment une intention, j’espère et c’est ce que je ressens, de travailler sur la durée, de me permettre d’évoluer dans mon écriture, de pouvoir présenter un deuxième album. Après, le temps, prendre son temps, c’est peut-être travailler vite et avoir du temps libre après. Plutôt que de prendre le temps avant de travailler. J’ai tendance, dès que j’ai une idée de chanson, je veux, bizarrement, que ça soit fait dans l’heure. Et qu’après, je prenne peut-être une journée ou deux pour réfléchir ou y retourner. Et souvent, j’y retourne pas. Mais inconsciemment en amont, y a peut-être eu trois mois pour réfléchir à cette chanson sans le formuler, sans l’essayer. Voilà, il faut que ça soit le plus frais possible. Après, le fait d’être à contre-courant avec cette consommation de la musique aujourd’hui qui…

 

La manière de la vendre surtout, qui influe la consommation.

 

Je crois que la manière de vendre a montré l’échec.

 

Ils ne s’en sont toujours pas sortis finalement.

 

Non, mais voilà. C’est peut-être pas mal, et après on verra ce que ça donne, d’aller à contre-courant et de proposer enfin… Je dis « enfin », mais y en a d’autres. Voilà un objet discographique qui permet aux gens de toucher un peu à cette jouissance que j’ai moi d’arrêter le temps et de mettre quelques petites choses en suspens quand même. On est sans cesse sollicité à droite à gauche. Même la façon de consommer le cinéma, qu’on nous vend le cinéma, la publicité est partout. On zappe sur les Ipod donc on n’écoute plus un disque dans son intégralité alors qu’il y a un vrai fil conducteur, un sens. L’émotion se développe sur un album. Tout est un peu réfléchi, sans l’être sur papier, mais les choses sont souvent bien faites quand quelqu’un veut faire un album, c’est qu’il a quelques choses à dire… Voilà, on lit pas une page d’un livre et on passe à un autre, alors pourquoi pas écouter un album dans son entièreté ?

 

Ben comme on m’avait parlé de toi déjà en mai dernier alors que tu n’avais encore rien sorti, je me dis : « putain, les mecs, ils prennent leur temps pour développer un artiste ».

 

Ouais… Mais c’est très long.

 

C’est épatant.

 

C’est épatant, mais c’est interminable. C’est pour ça qu’il faut être patient, et on utilise ce temps pour peaufiner d’autres choses…

 

Tant mieux, parce que c’est rare.

 

Ben ouais. C’est un luxe d’avoir le temps en fin de compte. C’est très long à mettre en place, on sort un disque à mettre comme ça. Il faut que les gens apprennent à connaître le projet, se familiarise. Et, y a des périodes… Puis, c’est un autre métier, c’est plus le mien. En fin de compte, il faut une confiance mutuelle. C’est le travail d’autres personnes de préparer le terrain pour atterrir en douceur, ou avec violence, mais voilà.

 

On va basculer sur Samy Osta. Son choix en tant que producteur m’a interpellé. Il me semble être un producteur représentatif d’une certaine idée de la pop en France émergente depuis quelques années. Une sorte de génération traumatisée par la pop anglo-saxonne des années 60/70, et en même temps, ces gars-là, ce serait un peu Casimir. Ils sont fous des années 80, des bidouilles électroniques, des synthétiseurs. Par rapport à ton champs de références brassant des lieux communs de la pop dite « classique », Dylan, Bowie, Beatles, Scott Walker, je me suis tout bêtement demandé pourquoi ce mélange, toi qui me paraîs loin de toute cette « hype », si je puis dire ?


Ouais, alors moi, je baigne pas du tout dans ce milieu, et donc j’ai découvert Samy Osta le premier jour. Lui me connaissait, moi non, je ne le cache pas, et il le sait. On a eu, comme ça, un café ensemble. On s’est fait présenter par un intermédiaire, mon éditeur, dès lors que j’avais émis le souhait de rencontrer un réalisateur pour le disque. Et alors, il a rempli plusieurs cases d’un coup. C’est-à-dire qu’il travaille sur de vieilles machines, il a la passion de la musique américaine, il a la culture de la musique anglo-saxonne comme tu le disais. J’ai pas senti chez lui de complexe. Il en a certainement, comme tout le monde (rires)… Pas de complexe de la musique anglo-saxonne puisqu’il va aux États-Unis, il va affronter tout ça, il va y jouer. Il va écouter, il va apprendre auprès des producteurs américains. Quelqu’un de très curieux, et qui travaille sur bandes, et ça, c’est assez rare. Et il est tombé littéralement amoureux du projet, c’est important. C’est pas pour mon ego, c’est juste que ça se sent, ça transpire dès lors qu’on est deux à aimer ce qu’on fait, puisqu’on est que deux. Bien sûr, il a été beaucoup assisté par Guillaume Jaoul, donc on était trois en studio. Voilà, quand on est si peu en studio, il faut qu’il n’y ait pas un moment où il te regarde avec un rire jaune « ouais, c’est pas génial ça », ou alors qu’il le dise. Donc voilà, il y a eu tout de suite une grande honnêteté. Une vraie rencontre humaine, toujours aujourd’hui, c’est pour ça qu’il m’accompagne sur la route, il connaît les morceaux, il a vu comment tout ça était né, les idées… Ça va assez vite avec lui, il y a très peu de mots qui ont besoin d’être employés pour dire une chose et un regard suffit, ça, c’est chouette. C’est assez rare. On l’a en écrivant avec son frère, ou sa compagne, ou je sais pas… Des choses qui se passent comme ça avec des gens intimes. Il en fait partie, c’est indéniable. Il a pu disséquer ma musique. La façon dont on travaille, dont il travaille. On a été marié pendant plusieurs semaines en studio, entre guillemets. Et j’en suis très fier. Alors, après, il y a tout le truc hype parisien… Moi, je suis quelqu’un qui sort très peu, qui ne connaît pas tous les noms. Maintenant, le connaissant dans l’intimité et dans le travail, je sais que c’est quelqu’un qui est très lucide sur beaucoup de choses et qui a aussi un pied dans un système et qui est obligé aussi d’avoir des compromis à faire, comme un musicien est obligé de faire des compromis par moment, même si on déteste faire ça. Moi, je sais que ça a été une vraie rencontre, ça l’est toujours, au-delà de la musique. Il nous arrive de parler de mille choses. Et c’est assez rare, pour avoir voyagé et rencontré d’autres musiciens, avoir formé d’autres groupes. Je crois qu’on rencontre quelqu’un qui, tout de suite, résume ce que va être l’ensemble du studio et qu’on devient un gamin de huit ans en faisant : « Oh ouuuuaaais, j’ai hâte d’y être, c’est dans deux semaines ! »… Enfin, je suis rentré chez moi et je me suis dit « c’est bon, voilà ». Et puis, c’est quelqu’un de très respectueux, qui gère très bien l’aspect psychologique de l’artiste en studio, c’est toujours dur de tout faire tout seul. De presser citron, mais sans l’abimer…

 

De sublimer…

 

Bien sûr, de proposer. Il a ses recettes, il en a dix mille, voilà, que j’ai toujours pas compris, mais il a sa magie aussi. C’est rare, c’est ce que je souhaite à tout le monde qui fait un disque, c’est d’avoir ce troisième œil qui permet, voilà, de se remettre sur les rails par moment ou, au contraire, sortir des rails et complètement tomber dans le fossé et de faire un super accident de note. Et avec Samy, ça s’est passé, et j’en suis vraiment heureux. Je sais qu’à chaque fois que j’écoute l’album encore aujourd’hui, à quelques jours de la sortie, j’ai plein de souvenirs qui remontent, et j’ai ce frisson. Et j’le dis sans prétention, je suis quelqu’un qui consomme beaucoup sa propre musique. Je la bois, je m’en nourrit… C’est pas prétentieux, c’est juste… Je suis très fier de ce disque, et même à la réécoute. Alors que je l’ai écouté pas mal, entre les mix, les masters, les trucs. Je retrouve encore, j’ai toujours le petit sourire par moment, d’autres moments de mélancolie… Et j’me dis, si ça marche sur moi, j’espère que ça marchera au moins sur Samy, et au moins sur d’autres gens. Et puis, si ça marche pas, ben voilà, y a pas de recettes de toute façon. Y a une proposition, c’est déjà pas mal. Le danger, c’était de faire une proposition, comme tu disais, des arrangements, tout ça, en gardant un aspect un peu humble et pas prétentieux. C’est très dur ! La frontière est très limite dès lors qu’on a une belle voix, que ça soit pas vulgaire, que ça soit juste à la limite de… Après, c’est subjectif, mais à mon goût, du bon goût, et le plus honnête, et le plus, voilà, direct possible dans le message, pour que ça vieillisse bien.

 

J’ai l’impression que tu arrives au bon moment. Alors, tu vas me dire « oui/ non ». Pour moi, il y a peut-être une nouvelle scène française mais qui ne chanterait pas français. Je te prends à parti parce que tu sors un disque en anglais, bien que tu ne sois pas le seul, y en a plein qui font ça en France, alors que c’est un pays qui a toujours mis des bâtons dans les roues sur le sujet. Pourtant, petit à petit, y a des trucs qui commencent à marcher, comme Skip The Use, Shakaponk. Qu’on aime ou pas leur musique, c’est étonnant. Y a eu un truc sur scène qui s’est passé tout en chantant en anglais (Shakaponk, on sait pas trop dans quelle langue). De ton point de vue, est-ce que tu crois qu’il y a une émulation qui commence à se créer, qu’il y a une évolution des mentalités et que, justement ouais, t’arrives au bon moment ? Est-ce que ça peut exister, est-ce qu’elle existe, prégnante ?

 

Je l’espère. Je l’espère pour la France, pour la scène musicale française. Maintenant, on peut jamais vraiment dire en amont et avant que ça arrive sous nos yeux et que ça nous pète à la face, qu’on a été témoin de ça. Je crois que les plus belles choses qui arrivent dans la vie, on n’en est pas témoin en fin de compte. On s’en rend compte le lendemain. Et tant mieux, c’est mieux comme ça. Je souhaite qu’il y ait cette tolérance vis-à-vis de la langue anglaise dès lors qu’elle est justifiée. Moi je sais que ce sont des… J’ai vécu une grande partie de ma vie aux États-Unis, donc il y a une influence indéniable, que je peux pas rejeter…

 

Ça te légitime pour le coup…

 

C’est légitime voilà. Après, moi, y a des chanteurs français qui chantent en anglais où j’ai plus de difficultés, parce que le trait peut être forcé, l’accent, les choses comme ça, évidemment. On peut pas faire semblant.

 

Onagain ?

 

Voilà. Après, y en a qui s’en sortent super bien, y a des artistes qui arrivent à jouer avec l’anglais. Mais je crois qu’on est dans une société, maintenant, où avec internet on est partout, on est au courant dans la demi-heure du nouveau groupe qui sort au Texas, truc. Si on veut et si on cherche. Et ça rend un peu plus tolérant. Et ce problème de l’anglais, même si je pense qu’un artiste chantait en espagnol en France, sortait un disque y a dix ans, on l’aurait pas descendu comme on l’a fait pour des artistes qui chantaient en anglais. Enfin, si y a une nouvelle scène et si elle chante dans une autre langue… J’ai toujours été un peu sceptique et  méfiant face à ces nouveaux trucs un peu… de journaleux… Mais, on est souvent déçu. C’est comme « il faut aller voir ce film, il est super », et on est déçu en sortant… Voilà. Je crois que tant qu’il n’y aura pas une volonté de surpasser le voisin, et que les gens… Voilà, il faut une émulation, il faut une concurrence saine.

 

Tu la sens toi ?

 

J’peux pas le dire encore. Je suis trop autiste et solitaire.

 

Merde, j’aurai pas ma réponse ce soir.

 

Mais je suis sûr qu’elle est là. Mais après, il faut que tout le monde arrête un peu le temps.

 

Tout sur Rover : http://www.myspace.com/musicrover

Retrouvez la chronique de l’album, la chronique de l’EP, la chronique du single.

 

 

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interview, les aventures de Grog, orientaliste, rover, temps, timothée régnier
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« GROGALAMODE #58 : ROVER LES GROGS LES PLUS TERRIBLES ! »

5 Responses to “LES AVENTURES DU GROG : Revenu du monde, Rover arrête le temps”

  1. LE GROGSTORE » GROG EN VRAI – ROVER #1 – Remember dit :
    27 avril 2012 à 0 h 04 min

    [...] Retrouvez aussi la rencontre de Grog avec Rover [...]

    Répondre
  2. LE GROGSTORE » GROG EN VRAI – ROVER #2 – Queen Of The Fools dit :
    27 avril 2012 à 0 h 21 min

    [...] – Sa rencontre avec Grog, remplie de blagues et de phrases très longues ! [...]

    Répondre
  3. LE GROGSTORE » GROG EN VRAI – ROVER #3 – Aqualast dit :
    18 mai 2012 à 10 h 00 min

    [...] – Sa rencontre avec Grog, remplie de blagues et de phrases très longues ! [...]

    Répondre
  4. Sarah Didoodoohdahdah dit :
    16 juin 2012 à 16 h 30 min

    j’aime bien ton blog
    j’aime bien rover
    j’aime bien ici
    donc je reste (parce que je voulais aller dormir mais la c’est mort,)
    en plus il y’a pile un des meilleurs album de John Cale affiché,
    que demande le peuple ?

    Répondre
    • GROG dit :
      17 juin 2012 à 1 h 30 min

      Voilà une missive qui enchante le Grog,
      merci Sarah Dirladada.

      Répondre

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