GROG&CO #39 : Le dimanche sous la neige, Claire Denamur promène ses flamands roses
GROG | 5 février 2012Tous les week-ends, pendant un mois, le GROGSTORE ouvre ses portes et laisse carte blanche à un camarade : c’est GROG&CO. Alors que la France ressemble de plus en plus au front russe, Claire Denamur continue de faire campagne pour nous éviter une bérézina auditive. Mais que va-t-elle me faire écouter aujourd’hui ?
Cette semaine encore, Claire Denamur nous ouvre les portes de son petit panthéon personnel. Si Cold War Kids font office de coup de cœur du moment, si John Lennon sonne comme le détour obligatoire lorsqu’on est amatrice-teur des Beatles et d’engagement dans le crédo pop, ce dimanche, notre vagabonde embarque le GROG&CO au cœur de la meule, dans le noyau de la galaxie Denamur.
Les heureux détenteurs de Vagabonde, dernier alboum de la jeune femme, auront remarqué la maxime clôturant le livret : « so you think you can tell heaven from hell ». Les plus érudits ne s’y sont pas trompés, il s’agit bien d’un vers tiré d’une chanson des Pink Floyd, « Wish You Were Here », emblématique single du disque éponyme (1975).
MMflkfjfgjfk… Mademoiselle Denamur a de la chance, les Flamands Roses font partis de ces vaches sacrées bannies du GROGSTORE… Attention, on n’en a pas une haine aussi farouche que pour les Doors, à cause de Syd Barrett et de Piper at the Gates of Dawn (1967), premier LP instantané du Swingin’London psychédélique, où le Floyd produit une musique inventive sans être invertébrée. Difficile de se douter qu’un groupe attaquant par la frappe titanesque d’« Astronomy Domine », s’aventurant dans les suites d’accords farfelus de « Bike » et « See Emily Play », signant un diamant noir de la trempe de « Lucifer Sam », puisse se transformer en ectoplasme cosmique, terme définissant l’écoute de Dark Side Of The Moon et « The Great Gig in the sky », avec ces vocalises qui faillirent infléchir la carrière du Grog vers celui d’égorgeur de chatons, et autres Meddle et ses plages… longues… trèèès longues (« Echoes »). Sans parler de The Wall. D’ailleurs, n’en parlons pas.
Mais, comme nous le disions en préambule, Mademoiselle Denamur a de la chance car il s’avère, et oui, que « Wish You Were Here » figure parmi les morceaux les plus écoutables de la période post-Barrett de Pink Floyd, ce qui confirme le bon goût de notre compère du dimanche. Et Grog l’affirme sans tomber dans la flagornerie outrancière. Si l’album regroupe toujours les mêmes lourdeurs inerrantes à leurs productions (« Shine on your crazy diamond », deux fois !), le morceau-titre sonne d’une pureté, d’une simplicité rare au sein de la troupe de Roger Waters, à la mélodie folk limpide, ses guitares acoustiques cristallines et le déchirant solo de David Gilmour. L’histoire du disque a été mainte fois rebattu, par sa valeur d’hommage à Syd Barrett, dit « la supernova » dans le jargon critique, dont la présence fantomatique habite ce recueil. D’ailleurs, on ne peut trop que conseiller sa fulgurante œuvre solitaire, la poésie malade de The Madcap Laughts soutenu par Gilmour en chef d’orchestre, sa suite directe Barrett, ainsi qu’Opel, compilation d’inédits et de démos, paru dans les années 80.
Bref, on a chaud, et Claire explique l’importance de « Wish You Were Here » dans son parcours musical.
« »Wish You Were Here » de Pink Floyd, parce que l’expression « so you think you can tell heaven from hell » définit tout mon vécu.
- Parce que la voix est simple, mais habite sincèrement les paroles.
- Parce que c’est le seul solo de guitare que je peux entièrement reproduire (à la voix ! J’ai l’air ridicule !)
- Et enfin, parce que c’est à mon sens un des morceaux les plus intimiste et épuré de mon groupe préféré »
Allez, on a de quoi passer dimanche au chaud !








Jolie série depuis début Janvier !!
D’ailleurs, l’EP avec la reprise des Cold War Kids se fait désirer:
http://www.inthemoodforclaire.fr/1578-nouvel-ep-rien-de-moi-disponible-le-20-fevrier/