GROGALAMODE #62 : L’AVENTURE DES SHEEPDOGS
GROG | 8 mai 2013Un mouton à 5 pattes, si on s’en tient à une définition étymologique de l’expression, désigne quelque chose d’incroyable, d’extraordinaire et, par voix de conséquence, d’introuvable. Une licorne plus touffue, en somme. Ou un bison blanc. Enfin bref, pour ainsi dire, avec « sheepdogs », cette bande de barbus venue du fin fond du Canada a eu le nez fin en s’attribuant un tel patronyme, bien que nul ne pouvait prédire la destinée de ces joyeux drilles. Sortis du bois par le mythique magazine américain Rolling Stone sans « s », les Sheepdogs sont ni plus ni moins le premier groupe non-signé sur un quelconque label à avoir eu la primeur d’en faire la couverture. Effet bœuf instantané, ils ont bénéficié d’une exposition considérable pour un groupe canadien dans la patrie de l’Oncle Tom. Et forcément, nous n’en savions absolument rien de ce côté-ci de l’Atlantique. La preuve lors d’un passage à la Flèche d’Or dans l’anonymat le plus complet en avril dernier. Chantre du storytelling calibré, la presse spécialisée outre-Atlantique n’a pas attendu Le Grand Journal pour émoustiller nos esgourdes en quête de sensations fortes. Des plaines du Saskatchewan aux feux de la rampe, « il y avait une histoire à raconter », comme dirait l’autre. Ou comment ces « Jacks of all trades » de formation en sont venus à cristalliser nos passions pour la gloire des hommes de rien, des gens simples prouvant que la méritocratie à encore de beaux jours devant elle. Si vous n’avez pas encore décroché de votre écran pour télécharger le nouvel épisode de Game Of Thrones, l’histoire qui va suivre ne manquera pas d’aiguiser votre soif d’exotisme, ainsi que votre appétit pour le romanesque rural en ces temps de décrépitude morale. Il était une fois les Sheepdogs.
















