GROG EN VRAI – BLIND DIGITAL CITIZEN #2 – Reykjavik 402
GROG | 16 mai 2013LE GROGSTORE // GROG EN VRAI – BLIND DIGITAL CITIZEN #2 – Reykjavik 402
Deuxième extrait du GROG EN VRAI consacrer aux stupéfiants BLIND DIGITAL CITIZEN.
LE GROGSTORE // GROG EN VRAI – BLIND DIGITAL CITIZEN #2 – Reykjavik 402
Deuxième extrait du GROG EN VRAI consacrer aux stupéfiants BLIND DIGITAL CITIZEN.
Un mouton à 5 pattes, si on s’en tient à une définition étymologique de l’expression, désigne quelque chose d’incroyable, d’extraordinaire et, par voix de conséquence, d’introuvable. Une licorne plus touffue, en somme. Ou un bison blanc. Enfin bref, pour ainsi dire, avec « sheepdogs », cette bande de barbus venue du fin fond du Canada a eu le nez fin en s’attribuant un tel patronyme, bien que nul ne pouvait prédire la destinée de ces joyeux drilles. Sortis du bois par le mythique magazine américain Rolling Stone sans « s », les Sheepdogs sont ni plus ni moins le premier groupe non-signé sur un quelconque label à avoir eu la primeur d’en faire la couverture. Effet bœuf instantané, ils ont bénéficié d’une exposition considérable pour un groupe canadien dans la patrie de l’Oncle Tom. Et forcément, nous n’en savions absolument rien de ce côté-ci de l’Atlantique. La preuve lors d’un passage à la Flèche d’Or dans l’anonymat le plus complet en avril dernier. Chantre du storytelling calibré, la presse spécialisée outre-Atlantique n’a pas attendu Le Grand Journal pour émoustiller nos esgourdes en quête de sensations fortes. Des plaines du Saskatchewan aux feux de la rampe, « il y avait une histoire à raconter », comme dirait l’autre. Ou comment ces « Jacks of all trades » de formation en sont venus à cristalliser nos passions pour la gloire des hommes de rien, des gens simples prouvant que la méritocratie à encore de beaux jours devant elle. Si vous n’avez pas encore décroché de votre écran pour télécharger le nouvel épisode de Game Of Thrones, l’histoire qui va suivre ne manquera pas d’aiguiser votre soif d’exotisme, ainsi que votre appétit pour le romanesque rural en ces temps de décrépitude morale. Il était une fois les Sheepdogs.
LE GROGSTORE // GROG EN VRAI – BLIND DIGITAL CITIZEN #1 – Ferme les yeux
Le GROG EN VRAI revient pour célébrer l’armistice ! Alors que l’humeur est à la promotion de l’artisanat français, tout naturellement, le Grogstore s’est concentré sur ce que nous appellerons fièrement le « redressement musical ». Voici un premier exemple de jeunes groupes français talentueux avec la mystérieuse entité Blind Digital Citizen. Ces derniers nous intriguent dès la parution de Strauss, premier EP édité au sein de la collection « Podium » du label Third Side Records, maison fourre-tout pour toute production française déviante non-signée sur un quelconque label (La Femme y est passée aussi). Difficile à définir cet objet sonore unique, entre électro tordue, embardées abrasives toutes guitares dehors et paroles cryptiques rappelant la période spoken-word du Bashung de L’Imprudence, ou scandé (période Play Blessure). Bref, il fallait que nous croisions leur route. A l’image de Fauve ou La Femme, ces derniers sont une sorte de collectif porté par l’anonymat de ses membres, s’effaçant derrière un projet global, tant visuel que sonore. Les Blind Digital Citizen sont un peu les nouveaux francs-maçons, avec leur propre imagerie, leur propre langage esthétique. Ici, on ne cherche pas forcément la chanson, mais la création de paysages soniques. Filmés au détour d’une soirée organisée par le Point Ephémère, lors d’un plateau de quatre groupes à la qualité fluctuante, Blind Digital Citizen ont imposé un voyage cosmique de 45 minutes, avec projections vidéos et jeux de lumière sophistiqué, le tout enrobé d’un son massif et maîtrisé. Un véritable spectacle dont le GROG EN VRAI vous propose deux extraits. Voici le premier, « Ferme les yeux », long trip technoïde hypnotique. On offre un bisou à la première personne qui comprendra ce que ça raconte.
Grogueurs, grogueuses,
Ca biche ? A cette heure avancée de la journée, profitant du retour du beau temps, le Grog dévoile son patrimoine, dans une logique citoyenne consistant à répondre au besoin de transparence nécessaire en ces temps troublés.
Donc, voici la liste de ce que le Grogstore renferme, nous tâcherons d’être le plus complet possible :
- Un logement de type studio, 19,5 m2 de superficie à Place d’Italie, pour un loyer de 550€, charges non comprises, tout électrique, mal isolé (on a froid et on peut entendre certaines activités extra-professionnelles de sa voisine par après-midi calme). Situé au dessus des fourneaux d’une excellente boulangerie avenue des Gobelins. Vue imprenable sur les voisins d’en face.
- Un lave-linge Proline Logic blanc (encore aucune inondations, croisons les doigts).
- Un lit mezzanine avec matelas récupéré sur un vieux clic-clac, responsable de douleurs permanentes au dos.
- Un canapé en bois, responsable de douleurs récurrentes aux lombaires.
- Un téléviseur TOSHIBA à tube cathodique, uniquement en péritel.
- Un meuble en bois avec deux traces laissées par un mug à café brûlant.
- Un mug à café avec mon prénom dessus (mon prénom n’est pas vraiment « Grog », hein).
- Deux rideaux marrons.
- Deux serres-rideaux (c’est ça le terme ?) en forme de soleil, écru.
- Une tringle en bois.
- Un store bon marché (trop) en plastique, cassé.
- Une planche à repasser décousue aux motifs fleuris.
- Un étendoir blanc (mais pliable), avec des bouts en plastique bleu.
- Une ventouse (en fait deux, j’en ai retrouvé une laissée par l’ancien locataire, au fond d’un placard, le seul de l’appartement d’ailleurs, trois ans après).
- Un coupe-ongle.
- Une lampe IKEA, la grande tige avec la boule en toile au bout, trop haute par rapport au plafond, déchiquetée.
- Une photo de Ringo Starr extrait de l’édition vinyle de l’Alboum Blanc, celle où il te regarde droit dans les yeux derrière ses mèches de cheveux.
- Un Iphone 4 blanc dans son étui de cuir pour faire plus viril.
- Une trousse Dr Martens (mais que fait-elle là celle-là ?).
- Une paire de bottines en vachette (60€ chez GEMO), en réparation chez le cordonnier.
- Une 106 Colorline essence, blanche, de 1997, plus de 120 000 km (bientôt le contrôle technique et je dois changer la courroie de distribution). On l’appelle « la Grogmobile » dans le milieu.
- Un Imac acheté en 2009, Mac OS X version 10.5.8, 2,4 GHz Intel Core 2 Duo, 6 Go de RAM. Il s’appelle BOB et ses périphériques FireWire sont défaillants.
- Une imprimante CANON noire, gourmande en encre.
- 5 disques durs externes, de toute forme, de toute taille, de tout poids, de tout port.
- Un tourne-disque Technic.
- Un amplificateur Cambridge.
- Deux lecteurs DVD, dont un sert à écouter les Cds (bientôt à mettre à la poubelle).
- Une photo de plateau noir et blanc de L’Aigle des Mers de Michael Curtiz (grand film).
- Un poster Born To Run de Bruce Springsteen (obligatoire).
- Une affiche d’Il était une fois l’Ouest (idem).
- Une armoire IKEA noire à laquelle il manque une porte (ne jamais utiliser ce genre de meuble pour un tournage, ça se démonte facilement, mais pour le remonter, c’est une autre histoire).
- Un radioréveil explosé (mais qui fait encore son office).
- L’intégrale Gil Jourdan.
- L’intégrale des Aventures de Spirou et Fantasio (dont une édition collector de QRN sur Bretzelburg).
- Un peu plus de 2000 Compact Discs (peut-être plus, peut-être moins), dont deux albums d’Alizée, 27 de Johnny Hallyday, un triple Best-Of de Dick Rivers mais aucun de Metronomy et d’Alt-J.
- Une centaine de vinyles (peut-être plus, peut-être moins).
- Un peu plus de 1000 dévédés (peut-être plus, peut-être moins).
- Un peu plus de 200 livres (vous avez compris le principe), dont l’intégrale John Dickson Carr, éditions du Masque (il me manque les tomes 2 et 3, et beaucoup d’autres). Je n’ai pas encore tout lu.
- 12 étagères (Papa, je vais en avoir d’une nouvelle, je pense).
- Un chapeau de paille.
- Une sacoche Eastpack noire, dont la sangle en plastique lâche à partir d’une certaine charge.
- Des lunettes de vue rayées (les verres, pas la monture).
- Des cheveux (très courts en ce moment).
- Mais d’où sort ce stylo Donald ?
- 1500 cartes de visite du GROGSTORE.
- Un téléphone, qui ne sert qu’à ça.
- Une lampe de chevet avec de la pellicule autour.
- Un blouson en cuir auquel on peut enlever la capuche. Je ne remercierai jamais assez l’abruti qui m’a mis des marques de Gaffer dans le dos. Les poches intérieures sont trouées.
- Deux pyjamas (un gris, un bleu foncé).
En espérant que cet acte civique fasse des émules,
Bien à vous,
GROG

The Besnard Lake // Olga Goreas & Jace Lasek
© Caroline Pochoy
Ce n’est plus un secret pour personne, le patrimoine musical canadien ne se résume pas qu’à Mylène Farmer, Roch Voisine, Garou et Fabienne Thibeault. Si, auparavant, les plus acharnés ne manquaient aucune sortie du label Constellation (le post-rock, c’est trippant !), avouons que c’est surtout grâce à Arcade Fire que le chaland s’est rappelé qu’il y avait les canadiens étaient capable de pondre une musique audible. Dans une même l’esthétique sonique maousse (on fait comme si on enregistrait dans une cathédrale), The Besnard Lakes est une formation du cru les plus enthousiasmantes, déployant un space-rock qui doit autant à My Bloody Valentine qu’à Supertramp. Après un deuxième alboum essentiel, The Besnard Lakes are the Roaring Night, brisant les canons du post-rock (ça monte, puis ça descend, puis ça remonte, sur un tapis de guitares bruyantes) par la sophistication des harmonies vocales et un vrai sens de la structure pop au-delà de cinq minutes, le groupe mené par le couple Jace Lasek et Olga Goreas sort un troisième opus en ce début de mois, Until in Excess, Imperceptible UFO. Les mêmes, mais différents. Lire la suite »
Aborder Black Rebel Motorcycle Club n’est pas anodin dans les pages du GROGSTORE. Difficile même de ne pas le faire en gardant une distance respectable, tant ils comptent dans le panthéon personnel de votre serviteur, pierre fondateur de sa fascination pour l’Americana. Pourtant, en 2013, tout comme d’illustres et discrets seconds couteaux, mais néanmoins de talentueux besogneux, tels que Teenage Fan Club, le trio californien continue d’enregistrer de bons disques, de tracer son sillon dans la plus totale indépendance, sans embêter qui que se soit. Ainsi, si BRMC sort un nouvel alboum, Specter at the feast, ça ne semble plus passionner grand monde, trop occupé à pleurer la mort de Daniel Darc (qui ?). Comme si ça ne suffisait pas de déprimer pour un oui ou pour un non (la crise, le cheval, tout ça…), le Grog monte au front et rencontre ses héros, prêt à empaler le moindre de fan de Taxi Girl qui croiserait sa route (on appelle ça un « critique musical français » dans le langage courant). Lire la suite »
Grogueurs, grogueuses,
Depuis combien de temps n’aviez-vous pas entendu ces deux mots résonner du fond de vos tablettes ? Oh, ne dites rien, cela fait bien trop longtemps. A l’heure où l’industrie musicale accentue son effondrement au diapason de la crise globale, certains d’entrevous (les meilleurs) se disent : « mais où est donc passé Grog ? », « but where is Gwog ?? », « donde está Grrog ??? », « reviens Grog ! J’ai les mêmes à la maison ! ». Scotland Yard, Interpopol, même l’agence Duluc se sont mis sur le coup, parcourant les quatre coins du monde à la recherche du blogueur au grand cœur, des bidonvilles de Jakarta au grotte du Yéti dans les contreforts du Tibet, en passant par le Creusot.
A-t-il passé ces derniers mois sur un îlot du Pacifique, se ressourçant les esgourdes auprès de vahinés tentatrices, loin des turpitudes du monde occidentale (même si l’allocation chômage ne lui permet pas encore cela) ? A-t-il arpenté la campagne française en bus afin d’aller au contact de la populace, de sonder les grogueurs et grogueuses de tout chemin en vue d’un come-back sur la scène politique en 2017 ? S’est-il réfugié à Honfleur pour écrire ses mémoires avec trois bouteilles d’absinthe ou bien a-t-il été victime d’un kidnapping intergalactique ? Que nenni ! Si aucune de ces probabilités n’est écarté, rassurez-vous, le Grog est de retour pour une saison 3. Le cheveu toujours aussi fin, au diapason de ses goûts musicaux, notre héros persévère une fois plus dans son apologie de l’art mineure et compte bien vous passionner pour des artistes aussi peu hype que possible, toujours prêt à faire fuir les étudiants en architecture et autres community managers.
Bien à vous,
GROG

Non mais vous vous attendiez à quoi ? Que, pour son retour, le Grog vous parle de zouk ou de reggaeton ? Qu’il se soit mis à la zumba afin de muscler ses lombaires ? Que votre joie demeure, chers grogueurs et chères grogueuses ! Toujours dans cet esprit de négation de la masse populaire, le Grog fait table rase du présent avec l’album de Jim James, Regions of Light and Sound of God. Ou comment un barbu grassouillet, leader d’un des groupes de rock les plus vendeurs des États-Unis, My Morning Jacket, dont tout le monde se fiche au pays de François Feldman, réussit à livrer l’un des plus beau disque de soul blanche de notre époque moderne. Bref, en 2013, le Grogstore sera comme en 2011. Lire la suite »
Histoire d’achever le Bus Palladium en beauté, en voici la conclusion épique avec « Boogie with you », morceau le plus réussi du répertoire original de Black Minou. Comme son nom l’indique, ce boogie terrifiant et primal emporte tout sur son passage, poisseux et bordélique à souhait. Ce soir-là, le quatuor a livré une version anthologique. La voici brute de pomme. Lire la suite »
Du lourd pour le deuxième BLACK MINOU de la semaine, avec un des incontournables de leurs sets : « Nutbush City Limits » d’Ike & Tina Turner, via la mythique version de Bob Seger créée sur l’album Beautiful Loser, mais surtout le Live Bullet de 1975. Au fil des concerts de la fratrie Poupaud, on sait que cette chanson est toujours le prétexte d’enclencher le mode bûcheron, de réveiller l’auditoire d’un bon coup de pied au derrière (tel que l’on peut le découvrir en préambule à cette vidéo). Ce soir-là, Black Minou est renforcé par Yan Gorodetzky du groupe Gush, venu prêté main forte le temps d’une interprétation marteau-pilon et de saillies guitaristiques en barbelé. Lire la suite »